PROGRAMMES DES RENCONTRES


SAMEDI 05 DÉCEMBRE


La pensée est-elle un art martial ?

Hugo Boris et Coralie Camilli

La pratique des arts martiaux est une pensée, une manière de reconfigurer ce que nous croyons savoir à propos des évidences les plus élémentaires de notre existence : la vie, la mort, l’espace, le temps, la force, le corps. En pratiquant un art martial, ce ne sont pas seulement les gestes et les mouvements qui changent, mais la manière même de voir le monde – la manière même de le réfléchir. Et si ce que peut un corps consistait d’abord à résister à la tentation de la maîtrise ? Et si atteindre un niveau plus élevé de sophistication dans notre rapport à la force impliquait d’abord de l’abandonner ? Fiction et essai viennent interroger la capacité que l’on a de dompter une pensée comme on voudrait dompter un corps.


Modération : Sarah Polacci

Émission n°1

SAMEDI 12 DÉCEMBRE


Le sport au prisme de l’histoire

Philippe Collin et Fabien Archambault

Que dit le sport de notre histoire ? Alors que l’on raconte que les troupes ennemies de la Première Guerre Mondiale ont fraternisé à Noël le temps d’une partie de football, certains matchs officiels furent le miroir des grands conflits européens. C’est par exemple le cas de celui opposant RFA et RDA lors de la coupe du monde de 1974, dans lequel le livre de Philippe Collin nous plonge. Fabien Archambault, historien du sport, s’attache quant à lui à rechercher la façon dont le football a façonné les identités nationales. Les deux auteurs interrogeront avec nous les usages politiques du sport et la façon dont les événements sportifs participent au récit historique.


Modération : Régis Penalva

Émission n°2

SAMEDI 19 DÉCEMBRE


Repousser les limites

Elisa Shua Dusapin et Cédric Gras

D’un côté, un romancier qui narre l’histoire de deux héroïques alpinistes russes, ayant gravis les plus hauts monts du Caucase ou de l’Asie centrale, portant au sommet le marxisme des années 1930. De l’autre, une romancière écrivant l’histoire fictionnelle de fascinants athlètes de cirque russe. Tous deux ont en commun la recherche du point de rupture, des limites, que ce soit psychologique, corporelles ou même dans l’écriture. Ils nous emmènent aux confins de l’Eurasie et  y interrogent les corps et les esprits poussés jusque dans leurs retranchements, quand le désir de réussite fait côtoyer les extrêmes.


Modération : Elodie Karaki

Émission n°3

SAMEDI 26 DÉCEMBRE


Défier l’Amérique  : naviguez à contre-courant

Eddy L. Harris et Frédéric Ciriez

Dans une Amérique encore pleine de préjugés, celle de Frantz Fanon, Maya Angelou, John Edgar Wideman et Eddy L.Harris, chaque geste de résistance, aussi individuel et intime soit-il, a son impact et son importance. Le sport, son rapport à l’héroïsme, sa dimension sociale et politique, sa tentation de toujours dépasser les limites et les interdits, peut être un marqueur essentiel de subversion dans un contexte où le racisme et les inégalités règnent encore en maître. Frédéric Ciriez et Eddy L. Harris viennent parler de sport et d’Amérique, de racisme et d’exploits.


Modération : Sarah Polacci

Émission n°4

SAMEDI 02 JANVIER


Yoga : une philosophie de la terre
conférence en mouvement

Jeanne Burgart Goutal

« Gardez vos distances », « Veuillez tousser dans votre coude », « Génération Climat, génération Adama : #Onveutrespirer »… Depuis quelques mois, nul ne peut plus ignorer qu’il a ou est un corps, et que ce corps constitue un objet politique, social et écologique de première importance. Mais comment s’approprier cette prise de conscience, comment habiter pleinement ce corps d’une façon plus joyeuse que par le « respect des gestes barrières » ? Dans cette « conférence en mouvement », je voudrais déployer une piste en lien avec le thème de ce salon du livre : le yoga. A travers quelques postures et techniques de respiration dont je ferai la démonstration, je montrerai en quoi le yoga est une philosophie écologique appliquée, susceptible de nous aider à habiter pleinement notre condition d’humains « embodied and embedded », « incarnés et terriens », au lieu de la fuir dans de virtuels outre-mondes.


Émissions n°5

SAMEDI 09 JANVIER


Grand entretien avec David Le Breton

Huit ans après Marcher et vingt ans après Éloge de la marche, l’auteur revient sur le plaisir et la signification de la marche, et nous en révèle les vertus thérapeutiques face aux fatigues de l’âme dans un monde technologique.
La marche connaît un succès planétaire en décalage avec les pratiques de sédentarité ou de sport en intérieur qui deviennent prédominantes dans le monde d’aujourd’hui. Cette passion contemporaine mêle des significations multiples pour le même marcheur : volonté de retrouver le monde par le corps, de rompre avec une vie trop routinière, de peupler les heures de découvertes, suspendre les tracas du jour, désir de renouvellement, d’aventure, de rencontre.


Modération : Régis Penalva

Émission n°6

SAMEDI 16 JANVIER


Rencontre avec les lauréats des Prix du 18ème Salon du livre de Chaumont

Philippe Hayat et Gregory Buchert

9e Prix du Salon du livre de Chaumont : Gregory Buchert

pour Malakoff (Verticales, 2020)

Sous la présidence de Frédéric Ciriez, écrivain

En résidence de création à Malakoff, Gregory Buchert mène l’enquête sur les possibles origines russes de sa ville d’accueil tout en essayant de rencontrer Sam Szafran, figure locale et pastelliste virtuose dont il vénèrait les oeuvres étant plus jeune. Mais à mesure qu’il s’imprègne des lieux et rédige son journal de bord, l’auteur voit sa personnalité se scinder, l’obligeant à composer avec les errements de son double, tandis que réaffleurent certaines meurtrissures de l’enfance.

4e Prix des lycéens : Philippe Hayat

pour Où bat le coeur du monde (Calmann Lévy, 2019)

Sous la coordination de Philippe Houdement, professeur de français

Tunis dans les années trente, Darius Zaken est frappé de mutisme aprés la disparition brutale de son père. élevé par sa mère Stella qui le destine aux plus hautes études et sacrifie tout à cette ambition, il lutte pour se montrer à la hauteur. Mais le swing d’une clarinette vient contredire la volonté maternelle. Darius se découvre un don irrésistible pour cet instrument qui lui redonne voix. Une autre vie s’offre à lui, plus vive et plus intense.


Modération : Sarah Polacci

Émission n°7


SAMEDI 23 JANVIER


Le football au féminin

Yamina Benahmed Daho  et Chloé Wary

Chloé Wary et Yamina Benahmed Daho mettent en images et en mots le football au féminin, sa réalité dans un club de banlieue, sa misogynie latente, son esprit de solidarité, son désir de victoire. Autrice et dessinatrice défendent un féminisme « ordinaire » grâce auquel les sportives revendiquent les places qui devraient être les leurs. Parce que le sport est éminemment politique, Chloé Wary et Yamina Benahmed Daho parlent d’émancipation féminine au centre d’un terrain de foot de banlieue.


Modération : Elodie Karaki

Émission n°8

SAMEDI 30 JANVIER


La vocation

Alain Freudiger et Fanny Wallendorf

Le sport est-il une vocation ? Relève-t-il du génie, à la manière de la littérature ? Comment naît un athlète de haut niveau ? Alain Freudiger et Fanny Wallendorf, en choisissant d’explorer la vie de deux prodiges du sport, Matti Nykänen et Richard Fosbury, s’interrogent sur la fabrique du héros sportif, sur ses ambiguïtés, ses paradoxes et ses faiblesses. en mêlant vie intime et vie sportive de leurs personnages, ils montrent toute la complexité de ces figures et la manière dont elles ont pu révolutionner l’histoire du sport, parfois au détriment de leur vie personnelle.


Modération : Régis Penalva

Émission n°9

SAMEDI 06 FÉVRIER


Grand entretien avec Valentine Goby

Avec Murène (Actes Sud, 2019) Valentine Goby retrace la naissance des jeux paralympiques à travers une histoire singulière, celle de François Sandre, jeune homme amputé des deux bras à la suite d’un accident qui apprend la résilience grâce à la pratique de la natation. François n’a qu’une obsession : apprendre à nager comme la murène qu’il a vue à l’aquarium de Paris, et à laquelle il s’identifie. Dans l’eau, François se métamorphose de créature d’apparence monstrueuse en être gracile aussitôt qu’il se met en mouvement. L’histoire de cette complétude retrouvée avec tant de souffrance, est écrite en parallèle de celle des premières compétitions de sports paralympiques, jusqu’à la médaille obtenue par son ami João aux Jeux Paralympiques de Tokyo en 1964.


Modération : Elodie Karaki

Émission n°10

Salon du livre de Chaumont